Mirebalais, la politique du patrimoine culturel
L'Église paroissiale Saint-Louis roi de France, le fort Beauvais, le fort Anglais, pour ne citer que ceux-là, sont des sites historiques relevant du patrimoine culturel de la ville de Mirebalais dans le Département du Centre d’Haïti. Ce Département est reconnu comme l’une des localités où le patrimoine immatériel attire des touristes tant locaux et internationaux. En effet, des auteurs œuvrant dans le domaine du patrimoine, ont su voir le pouvoir du patrimoine en tant que bien matériel ou immatériel dans le tissage de rapports entre les générations (Joseph 2017, Di Méo 2008, Dautruche 2013, Bortholotto 2011). C'est la raison pour laquelle ce porteur de témoignages mérite d'être conservé et protégé (Joseph 2017). En effet, l'article 215 de la constitution haïtienne du 29 mars 1987 a prévu une prise en charge des sites susmentionnés. Du papier à l’action, quel rôle l’État d'Haïti joue vraiment par rapport au patrimoine ? Joseph (2017) dans son travail sur la mise en scène des collections archéologiques en Haïti, a montré la faiblesse de nos institutions publiques par rapport à la question de la mémoire dans le pays. Il a aussi a montré comment le patrimoine culturel peine à jouer son rôle de liant entre les générations et comment les jeunes Haïtiens sont confrontés à un problème identitaire par faute de trouver des modèles parmi nos concitoyens. Jean (2019), en travaillant sur le paysage culture dans le Nord-Est, a débattu le rapport dialectique entre les groupes culturels et le paysage. Il s’est penché sur le cas de Fort Liberté.
De la même problématique posée par mes devanciers, mon texte aborde le cas du patrimoine culturel à Mirebalais l’une des villes incontournables dans la lutte pour la libération nationale du pays. En effet, c’est la cité de Benoit Batraville, ce colosse qui a combattu les colons américains de 1915 à 1934. Où en sommes-nous quatre-et-vingt six ans après l’Occupation. Quelle mémoire avons-nous de cette ville ? Que rappelons-nous ces sites culturels historiques de la ville ? Comment l’État haïtien adresse-t-il la question du patrimoine à Mirebalais ? Y-a-t- il une prise en charge des espaces publiques de la ville ? Ce texte peut être vu non seulement comme un cri d’alarme sur l’état de délabrement des sites culturels et historiques à Mirebalais; mais aussi une occasion pour encourager la municipalité de la ville à s’accentuer sur le passé culturel comme un moyen visant à rehausser le prestige de la ville ?
Pour répondre à l’objectif consistant à revoir le problème culturel qui se pose à Mirebalais, j’avais jugé bon de présenter deux concepts clés pouvant m’aider à étayer mon analyse dans le sens de faire la liaison entre la politique et la culture par rapport au constat sur le terrain. Aussi, comment les gens de la ville vivent le patrimoine culturel.
Quelques définitions des concepts clés relatives au sujet
Politique : tout ce qui est relatif à l’organisation et à l'exercice du pouvoir dans l'État (Larousse dictionnaire 1905). Si elle s'occupe des affaires de l'État, sa manifestation doit être utilisée comme moyen afin de satisfaire les besoins vitaux de la société et assurer le développement social (voir Qu’est-ce que la politique ? (Arendt 1995). C'est une manière d'organiser la vie humaine qui, selon nombreux est une nécessité. Car, les êtres humains sont appelés à vivre en société. Sinon, ce serait le résultat d’une guerre de tous contre tous (Hobbes 1651). Alors, qu'en est-il de la culture ?
Culture : La culture, c'est tout ce que l'homme ajoute à la nature. Dans « Culture, civilisation et idéologie », Guy Rocher présente la culture comme : « un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte » (Guy Rocher 1969,88). Alors, nombreux semblent intéresser par cette notion à travers le monde. Selon l’Unesco, elle est considérée dans son sens le plus large comme : «l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ». Alors, comment peut-on associer la culture à la politique ?
Liaison entre la politique et la culture
En vue de comprendre le lien tissé entre la politique et la culture, il suffit de visiter cette discipline carrefour qu'est l'histoire. À travers ce carrefour, divers domaines de l'activité de l'homme se réunissent. La tour Eiffel de Gustave Eiffel à Paris, Guernica de Pablo Picasso, Rebelle de Kim Nguyen, le revolver sculpté de l'artiste suédois Carl Fredrik Reuterswärd, la statue de la liberté d'Auguste Bartholdi à New York, le marron inconnu d'Albert Mangonès à Haïti, pour ne citer que ceux-là, sont tous des œuvres culturelles qui témoignent de l'intérêt politique à travers l'histoire. De sa déclaration de politique générale prononcée le 8 janvier 2007, devant l'assemblée générale, le premier ministre, Jacques Eduard Alexis, a classé la culture au huitième et dernier point : « enfin, le dernier et non le moindre, la promotion de notre culture et la valorisation du patrimoine national » (retranscrit telle quelle est par Barbara Prézeau 2007). Alors, tout cela pourrait témoigner de priorité culturelle accordée par des hommes politiques au cours de l'histoire. Donc, passons au constat effectué.
Sur le terrain
Alors que le gouvernement haïtien déclarait en date du 19 mars 2020, l’état d’urgence sanitaire suite aux cas testés positifs au Coronavirus, cette épidémie qui menace le monde depuis le mois de décembre 2019 (voir Raoult 2020), dans le pays, les institutions qui en font partie ; les écoles, églises, universités et autres, ont été recommandées de fermer leurs portes. Cette décision prise nous a suscité de laisser Port-au-Prince pour aboutir à notre ville natale, Mirebalais. Arrivée dans cette ville, à cause de notre curiosité intellectuelle, nous avons pu constater que le paysage culturel se transforme en profondeur. Par rapport à nos sentiments éprouvés pour nos héritages culturels, nous avons décidé d'aller faire une courte tournée d'observation en vue de jeter un regard ethnographique sur la ville. Durant la tournée, nous avons constaté que nos monuments historiques se détériorent de plus en plus .
Nous pouvons citer d'abord, le fort Anglais : architecture militaire située sur la rue Fort Anglais 1, à Mirebalais au Bas-Plateau Central Haïti. Érigé à la fin du 18ème siècle par les Britanniques, elle est construite de matériaux de pierres. Son plan est constitué d’un rectangle long qui se termine par deux bastions en étoile (Charles 2018). Il a joué un rôle essentiel durant les combats menés par Toussaint Louverture pour l’accomplissement de l’affranchissement général des esclaves. Après la prise de la ville de Mirebalais, Toussaint Louverture est devenu gouverneur de Saint-Domingue (ISPAN 2009). Tout ceci pour dire montrer l’importance que le Fort Anglais devrait avoir pour les jeunes haïtiens. Ce patrimoine méconnu a joué un rôle fondamental dans la guerre de l’indépendance d’Haïti. Le constat est alarmant, le Fort Anglais est dans un état de délabrement. La végétation envahie le reste du vestige de ce patrimoine muet pour reprendre l’expression utilisée par Marc Joseph dans son mémoire de fin d’étude de deuxième cycle.
Le Fort Beauvais est situé à morne La toilette, à proximité de la rivière La tombe. Entouré par de maisons habitées par des paysans de la zone, les ruines de ce fort sont généralement décorées et badigeonnées avec de l'excrément d'humains.
Construite sous le gouvernement de Paul Eugène Magloire, le cimetière de Mirebalais est situé à la rue Louverture, non loin de la place d'armes de la ville. Ce site historique est le lieu où Benoît Batraville serait enterré. C'est la raison pour laquelle il est placé parmi les sites historiques de la ville de Mirebalais. C'est un lieu qui est actuellement envahi de végétation. Majestueusement couronné d’herbes sauvages, il laisse l’odeur des cadavres en putréfaction embaumés la rue de Louverture.
Placée à la rue Lamartinière, à côté de la place d’armes de la ville de Mirebalais, l’Église catholique Saint Louis Roi de France est une architecture religieuse construite entre 1749 et 1750 . En 1942, un orage détruisit entièrement son côté gauche, et en 1970, le clocher a été construit ( Curé de Mirebalais, EUSTACHE, 2020). Elle est composée de maçonnerie de roches, brique et de bêton. Sa façade est ornée d'une structure en relief (ISPAN 2017). Entouré de maisons habitables, de cuisinières de rues, cet établissement est préservé. Toutefois, l'environnement de l’Église catholique Saint Louis Roi de France est dans un état critique. Les bruitages des motocyclettes, des voitures, des humains, des appareils électroniques, sont tous des éléments constitutifs du paysage sonore de la place d'armes de la ville. De plus, la prison civile, le tribunal de paix, le palais de justice, le commissariat, les cuisinières de rues, l'hôtel, des dépôts de produits cosmétiques, Bank, la mairie, les maisons domiciles et bar, sont tous des éléments environnant l’Église Catholique Saint Louis Roi de France, patrimoine culturel de la ville de Mirebalais. Alors tout se mêle. Donc, cette situation pose le problème de gestion de l'espace de cette ville.
Alors, tous ces éléments susmentionnés constituent le paysage culturel des sites culturels et historiques de Mirebalais. (Et, sans oublier la disparition de la sculpture ronde bosse représentant le héros de l’indépendance d’Haïti, Jean-Jacques Dessalines, qui était installé sur la place d'armes de la ville). Alors, qu'est ce qui explique ce phénomène ? Le résultat est sans doute l'ignorance des autorités politiques de la ville, ainsi que la méconnaissance des habitants de cette dernière de la notion : du patrimoine, du monument historique, du site historique et archéologique. Donc, établir une politique pour protéger et conserver les monuments historiques de Mirebalais, serait au profit des habitants. Accoucher une telle idée, c'est de contribuer aux développements de l’économie locale et le progrès académique de la population. Mais, ce n'en est pas le cas aujourd’hui pour la ville de Mirebalais.
Toutefois, selon nos informations recueillies et de constat effectué : en ce qui concerne le cimetière de la ville, il y avait des initiatives qui ont été prises de la part des différentes groupes, en vue de reconstruire une sépulture ( architecture funéraire) dans laquelle le corps de Benoît Batraville ( le général de l’armée révolutionnaire de guérilla dite Caco, assassiné par les marines américaines en 1920, durant la période de l'occupation américaine, 1915-1934) serait reposé depuis cent ( 100) ans. Même si nous avons une doute concernant l'histoire de la mort de Benoît Batraville (absence de preuves archéologiques), cela ne veut pas dire pour autant que nous en ignorons complètement. Donc, c'est la raison pour laquelle nous avons quelques considérations à faire sur ce sujet :
Considérant qu’il y avait eu toujours de scène de pillages enregistrés dans les musées, sur les sites, et, plus précisément dans les pays du Sud. Et, notant qu'à partir de ces scènes, plusieurs œuvres d'origines illégales avait été collectionnées, et même parfois au profit des institutions officielles, surtout dans le Nord. Ce qui allait susciter l'adoption d’une convention de l’Unesco (Unesco 1970) ténue, à propos des propriétés illicites des biens culturels. Alors, il est possible pour que cette situation soit présentée à n'importe quel autre endroit dans le monde, ce qui est possible également pour le cas du cimetière de Mirebalais.
De ce point de vue, supposons que le corps de Benoît Batraville serait enterré dans le cimetière de Mirebalais. Dans ce cas-là, on peut se demander si on a trouvé des objets (exemple : fossiles…) qui sont réellement appartient à cet homme sur le site ? Si oui, où sont-ils collectionnés ? Où sont archivées les fiches techniques de ces objets trouvés sur ce site ? Et, si les fiches techniques existeraient quelque part, en quoi ses informations révélées seraient en adéquation à la réalité ? En tout cas, ces interrogations nous rappellent les scènes de pillages qui avaient eu lieu avec des amateurs fréquentant les tombes des pharaons de l’Égypte dans la vallée des Rois. Et, sans oublier les entendus dire concernant la malédiction du pharaon, notamment, Toutankhamon. Donc, à propos de tout ce qui a été dit, mener une enquête pour éclaircir le dossier de Benoît Batraville serait au profit de la nation haïtienne (Levy, 2020).
Alors, il a été entendu que, c'est un sentiment patriotique qui est charrié derrière l'initiative prise en vue de reconstruire la sépulture de Benoît Batraville. Cependant, cela ne peut pas nous empêcher à questionner le sens et la finalité de cette prétendue acte d'engagement posé. Les questionnements nous aiderons à comprendre non seulement ce que ces groupes peuvent être représenté à nos vues, mais également connaître la compétence de ses membres composés en matière de muséologie, d’archéologie, d'histoire de l'art, de restauration et de conservation du patrimoine, pour ne citer que celles-là. Donc, il faut chercher à connaître ce qui est dans le paraître de cette initiative.
Alors, qu’est-ce qui est sûrement charrié derrière l'initiative prise : le sentiment d'être populairement récompensé par des louanges de la population, ou sentiment patriotique visant à lutter réellement pour la protection et conservation du patrimoine national ? À notre avis, la réponse n'est pas le sentiment patriotique. Il s'agit de l’imposture, de la propagande effectuée silencieusement par cette minorité, en vue de chercher de la réputation. Cette minorité a voulu tout simplement attirer l’attention de la population sur leur prestige, rien de plus. En tout cas, si les travaux étaient réalisés dans le but de protéger et conserver réellement les patrimoines culturels haïtiens, les rigueurs scientifiques devraient être respectées à leur fin. Ce qui n’en est pas le cas pour la ville de Mirebalais en ce qui concerne les sites culturels. Alors tout cela nous a fait comprendre que la médiocrité continue à régner en maîtresse dans le pays. Donc, il faut souligner, la notion du principe de protection et conservation du patrimoine est une affaire des experts, et non pas des amateurs.
En dépit de tout, peut-on quand même considérer l’initiative de cette minorité comme un devoir de mémoire ? Non, pas vraiment. Ce ne sera pas le cas pour cette ville dans laquelle la majeure partie de ses habitants ne sont même pas en mesure de comprendre la valeur de leurs héritages culturels, le symbolisme qui est charrié derrière leurs monuments historiques. Alors, avec cette grande barrière tendue entre la population et l'information, cette prétendue initiative prise ne veut rien dire pour la communauté mirebalesienne. Qu'est qu'on devrait faire pour diminuer un peu le crétinisme dans la ville ?
Il faut que des recherches archéologiques soient menées sur les sites culturels pour que nous puissions comprendre les rapports existant entre les groupes culturels et le paysage culturel ainsi que leur mode de vie et l'importance des sites pour le pays. Les études des objets revendiqués, les pratiques culturelles transmises, tous ces éléments contribuent à la compréhension du monde actuel concernant le goût des civilisations (Joseph 2017). Les travaux en archéologie qui nous aident à comprendre la grandeur des pharaons à travers les monuments de l’Égypte. Aussi, le passage des amérindiens à Quisqueya, qui sont désormais qualifiés de groupe culturels : ostionoïde meillacoïde et chicoïde, grâce aux poteries et autres types de vestiges (Joseph 2017; Sony Jean 2019). Toutes ces contributions là sont utiles dans la lutte pour la construction de l'identité culturelle et la mémoire collective. Donc, quant à la ville de Mirebalais, qu'est-ce qu'il faut faire face à sa situation dégradante ?
Alors, compte tenu de la situation critique de nos sites, il faut repenser les politiques culturelles du patrimoine national. À partir de cette préoccupation, sa protection et sa conservation seront assurées. Wilguens Régis (2017), dans son travail effectué, il essaie d'aborder le sujet sur la politique culturelle du patrimoine bâti en Haïti, après le séisme du 12 janvier 2010. L'idée s'agit de revisiter la politique culturelle haïtienne en vue de reconstruire et de valoriser le patrimoine bâti après cette catastrophe naturelle.
Alors, quant à la ville de Mirebalais, c'est de créer une politique culturelle municipale à sa disposition, en vue de travailler sur la reconstruction, la restauration systématique, et la valorisation de ses biens culturels. Car, ces derniers sont en voie de disparition, ce qui représente un danger pour la mémoire collective, notre identité culturelle, puisqu'on ne peut pas parler d'homme sans culture (Huyghe 1992). Avec l’exécution de ce plan d'action, les membres de la population ; paysans, écoliers…, seront en mesure de comprendre non seulement la valeur du patrimoine national, mais également s'engager dans la lutte pour sa protection et conservation. Delà, la transmission de ces valeurs aux générations futures sera possible.
Quelques témoignages recueillis
Notre préoccupation concernant ce sujet était de faire un petit exercice avec quelques membres de la population durant les tournées d'observation. Les règles du jeu étaient de choisir 25 vingt-cinq personnes au hasard pour qu'elles puissent nous répondre à une série de questions : « Avez-vous entendu parler de Benoît Batraville ? Si oui, qui est ce personnage ? », « Que représente pour vous les sites culturels de la ville ? », « Qu’est-ce qui mérite d’être amélioré en matière de conservation et de protection du patrimoine culturel de la ville de Mirebalais ? ». Alors, voici l'extrait de quelques éléments de réponses tirés à partir de cet exercice.
Alors, en vue de répondre à ces interrogations, pour Carine, âgée de 24 ans, elle n'a pas hésité de donner son avis : « Anm ! Mwen se moun nan vil la. Mwen konn tande non Benoît Batraville la vre wi, men mwen pa ka bay plis detay sou li !
-Euh ! Pou mwen onèt avèk ou tou, m ap di w m pa vrèman gen ide sou sa ki patrimwàn lan. Se sa ki fè m pap ka bay detay pou ta di w kisa m panse ki ta dwe fèt pou ta sansibilize popilasyon an sou kesyon sa a», a-t-elle dit.
En ce qui concerne Benoît Batraville, quant à Jean, âgé de 64 ans, il était surpris d'avoir entendu ce nom quant à lui : « Sak rele konsa ? Adje ! Mwen pa konn tande pale de Benoît Batraville ou di m la non piti mwen. Mande yon lòt moun », a-t-il répliqué.
Quant à Marguerite, âgée de 70 ans, c'est de manière orale qu'elle a eu quelques détails à propos de Benoît Batraville : « An wi ! Te kwè yo di Ti-Benwa sa a se li menm ki te nan patizan bann kako. Moun sa yo te bay lapèrèz wi nan mache dechèpiye sa moun genyen lakay yo. Yo menm ale nan zòn gwo wòch nan laskawobas, lè yo rive la yo wè yo pa jwenn moun pou touye, yo plede tire kout fizi sou yon pye mapou ki genyen bò chimen an. Se sa m te leve jwenn granmoun ap di. Men, se pa bagay ki fèt jodi a non pitit », a-t-elle déclaré.
« An wi ! Benoît Batraville, mwen konn tande pale de li wi. Benoît Batraville se te yon gwo prezidan wi, mwen te gentan aprann sa nan istwa Dayiti », ainsi parlait Nono, « machan pap padap », âgé de 16 ans ! NB : Benoît Batraville n’était pas le président d’Haïti.
Les résultats de l'exercice ont déclarés que, sur 25 personnes interrogées, 22 personnes n'ont jamais entendu parler de Benoît Batraville. Et, trois ( 3) parmi ces personnes interrogées ne savent presque rien à propos de Benoît Batraville. Donc, notre travail effectué sur le patrimoine culturel à Mirebalais nous permet de comprendre que la crise de la culture règne dans la ville.
En guise de conclusion
Donc, compte tenu du constat effectué, nous pouvons déduire que la politique culturelle municipale du patrimoine dans la ville de Mirebalais est absente. Ce qui règne dans cette ville de préférence, c'est de la tromperie, de laquelle les membres de la population sont tous victimes (Kaka poul pou jòn ze, zannana pou sizal), à cause de leur manque d’éducation culturelle. Face à ces inconvénients, il faut penser une politique culturelle municipale en faisant appel aux différents spécialistes, concernés par la matière, en vue de répondre au besoin de la communauté. Sinon, la mémoire collective sera complètement effacée. Et, à partir de là, la population sera sujette à n’importe quoi.
Wady Levy : président du Club Archéologique de l’Université d’État d’Haïti (CAUEH).
Références:
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